Historique
L’ortie était déjà cultivée au néolithique pour usage alimentaire. Elle a permis aux hommes de se nourrir pendant les différentes périodes de famines qu’a connues l’Europe. Très facile à récolter elle a permis notamment aux populations des campagnes de survivre pendant ces périodes difficiles. Chez les Romains et chez les Grecs, l’ortie était appréciée pour ses propriétés culinaires. Ses racines étaient aussi mélangées à la viande durant la cuisson pour l’attendrir. Comme le mentionne Aristophane (vers -445, -386 av J.-C.) « Les Grecs, qui étaient très friands de l’ortie, la récoltaient avant l’arrivée des hirondelles », c’est-à-dire au début du printemps. De même, Apicius (né en 25 av J.-C.), cuisinier et gastronome romain, spécifiait que l’ortie devait être consommée au printemps pour combattre la maladie. En France, à la Renaissance, Louis XIV qui appréciait la soupe d’ortie et de coquelicot, a donné ses lettres de noblesse à ce plat de paysan ( Site n°16 2014; Bremness 1996; Bertrand 2010; Goulfier 2010; Tissier 2011; Delvaille 2013).
Valeur nutritionnelle de l’ortie
Le tableau suivant présente la composition de l’ortie pour 100 gr de plante fraîche :

Tableau n°2 : Analyse réalisée en mai 2008 par les laboratoires Lara (Toulouse), à partir de plantes fraîches (Bertrand 2010)
L’ethnobotaniste François Couplan auteur du Guide nutritionnel des plantes sauvages et cultivées, précise que « l’ortie est la plante verte la plus riche en protéines (jusqu’à 40% en poids sec, plus que le soja), d’excellente qualité puisque équilibrée en acides aminés ». Sur les 20 acides aminés existants, 18 sont retrouvés en forte proportion dans les feuilles d’orties (Couplan 2011; Couplan 2013).
Les huit acides aminés essentiels (Leucine, Isoleucine, Lysine, Méthionine, Phénylalanine, Thréonine, Tryptophane et Valine) nécessaires au développement de l’organisme sont présents dans la plante, et leur taux est à son maximum en avril, et à son minimum en décembre. Cette teneur harmonieuse en acides aminés en fait un aliment complet (Site n° 34 2015; Tissier 2011). Sa teneur en vitamine C est nettement supérieure à celle de n’importe quel agrume. On estime qu’elle contient jusqu’à six fois plus de vitamine C qu’une orange (Moutsie 2002; Delvaille 2013). La feuille d’ortie contient deux fois plus de protéines et trois fois plus de minéraux que les épinards ou le persil (Moutsie 2002; Tissier 2011). Notons que 100 grammes de feuilles fraîches représentent à elles seules 400 % des apports journaliers recommandés (AJR) en vitamine C, 625 % des AJR en bêta-carotène (provitamine A) et 144 % des AJR d’alpha-tocophérol (vitamine E), ainsi que 106 % des AJR de calcium et 93 % des AJR de fer (Moutsie 2002; Tissier 2011; Delvaille 2013). Il convient de prendre en compte certaines variables au sujet des différences que l’on peut trouver pour ces valeurs en protéines, vitamines et minéraux au sein d’autres études. En effet ces valeurs dépendent du type de sol où la plante a effectué sa croissance, du moment de la cueillette, de l’ensoleillement et bien sûr s’il s’agit d’une plante sauvage ou cultivée.
Un pouvoir antioxydant
L’ortie, comme d’autres fruits et légumes, est une source d’antioxydants permettant de lutter contre l’action des radicaux libres, responsables du vieillissement cellulaire (Delvaille 2013).
C’est la présence des vitamines A, C et E, du fer, du zinc, du manganèse, du sélénium et du cuivre qui contribue à l’activité antioxydante de l’ortie (Langlade 2010).
Voici un tableau récapitulatif des qualités antioxydantes des principaux fruits et légumes : Elles ont été mesurées en microgrammes d’oxygène actif détruits par gramme d’extrait frais de fruits ou légumes. Les expériences et mesures ont été effectuées sur une huile d’arachide peroxydée comportant 650 microgrammes d’oxygène agressif.
Microgrammes d’oxygène actif détruits par gramme d’extrait frais:
Ortie 2150
Myrtille 1900
Chou rouge 1600
Poivron rouge 1600
Orange 1600
Haricot vert 1300
Poivron jaune ou vert 1200
Epinard 1100
Framboise 1100
Fraise 1100
Brocoli 1050
Chou vert 950
Courgette 920
Tableau n°3 : Qualités antioxydantes des fruits et légumes (Morelle 2003)faire en fonction de l’usage ET en fonction de la préparation (tisane, frais, séché, décoction,…)